Et le Réseau Graille
C’est en faisant des recherches sur la famille de ma grand-mère Elsa GRAETZ , et par son frère Henri, que je suis tombé sur une base de donnée appelée « Liste Ecochard », du nom de son auteur, qui recense ceux qui ont participé dans les Forces françaises libres.
Au final, il s’agit d’un très large recensement contenant 53 079 noms dans sa 40e version, qui est devenu au fil du temps une référence chez les historiens.
Portail d’accès à la Liste Ecochard
Pour le moment, je n’ai trouvé qu’un seul nom « connu » sur cette liste, qui est donc celui du frère de ma grand-mère : Henri GRAETZ (1908-1989), ligne 22373 de la liste Ecochard (40e version), intégré au « Réseau Graille », du nom de son chef de réseau, Martial GRAILLE basé en Indochine, à Saïgon.
Martial Marie Joseph GRAILLE
Né le 20 novembre 1899 – Corrèze, 19062, Corrèze, Limousin, France
Décédé le 4 juillet 1978 – Paris-XVème, 75115, Paris, Île-de-France, France , à l’âge de 78 ans
Colonel en Indochine
« Toutefois, dès 1940 se développe une résistance clandestine – huit réseaux ont été homologués après la guerre – au sein des bureaux du Service de Renseignement Inter-colonial (réseaux « Giraud-Lan », « Graille », « Maupin-Levain » et « Mingant ») ou parmi les civils (« Nicolau-Bocquet », « Plasson » – du nom d’un commerçant de Phnom Penh – et « Tricoire »). Multiforme, elle fait essentiellement du renseignement au service des Alliés et de la France libre, « Bjerring » étant le seul réseau action. Un neuvième réseau, créé par Camille Huchet à Saïgon et qui travaillait pour l’Intelligence Service ; son chef étant décédé lors de son retour en France avant d’avoir déposé son dossier au Service d’homologation du général Dejussieu Pontcarral – ses membres ont, pour l’essentiel, été pris en charge par des réseaux avec lesquels ils avaient travaillé après l’arrestation de Huchet par les autorités vichystes ….«
« … Très rapidement, le jeune soldat Mingant devient sergent, puis il réussit le concours de Saint-Maixent et gagne sa première barette dorée. « La fantaisie des désignations coloniales » suivant l’expression de son vieil ami, le colonel Armand Guiol, le conduit en 1935 à l’état-major du général commandant supérieur des Troupes de l’Indochine où, jeune capitaine, il assure la direction des Renseignements Intérieurs (sécurité militaire), Guiol de son côté assurant la direction des renseignements extérieurs. Là se créent entre les deux jeunes officiers, devait écrire Guiol, des « liens d’amitié que ni le temps, ni l’éloignement, ni l’éternité ne pourront dénouer ». De retour en France en 1938, il est rapidement désigné pour assurer la direction adjointe du secteur I du Service de renseignement intercolonial à Shanghaï, son ami Guiol prenant la direction adjointe du secteur II du même service à Hanoi, que commande le colonel Maupin.
L’armistice de 1940 conduit le colonel Maupin, les capitaines Mingant, Guiol, Levain et Graille à appliquer la consigne permanente qui avait été donnée par G. Mandel, ministre des Colonies au service de renseignement colonial lors de sa création : en cas de rupture des relations avec la métropole, établir le contact avec les alliés les plus proches. C’est ainsi que naîtront les réseaux Maupin-Levain, Graille (tous les deux réseaux FFL) et Mingant, qui prend contact avec les Américains en Chine. Relevé de son poste par l’amiral Decoux, haut commissaire de Vichy en Indochine, Mingant doit quitter la Chine, mais il conserve ses contacts américains et renseigne les Alliés sur les activités nippones. Par chance le coup de force nippon qui balaye l’infrastructure administrative et militaire française en Indochine (9 mars 1945), Marcel Mingant échappe au filet des tortionnaires de la Kempeitaï (gendarmerie nippone) et c’est comme prisonnier de guerre qu’il est libéré à Saïgon par la victoire alliée. …«
Henri Ecochard (source : wikipedia)
Henri Ecochard naît le 24 avril 1923 à Cholet (Maine-et-Loire). Fils d’un médecin installé à Airvault (Deux-Sèvres), il s’intéresse très tôt aux relations internationales. Son père et ses amis airvaudais sont plutôt pacifistes en souvenir des massacres de la Grande Guerre.
Lorsque que la guerre est finalement déclarée, Henri Ecochard n’a que 16 ans et est en première année. Le 1er septembre, il hisse le drapeau tricolore à la façade de la maison paternelle.
Révolté par la débâcle militaire de juin 1940, il espère jusqu’au dernier jour que l’armée française continue à résister sur la Loire, à l’instar des cadets de Saumur.
Il n’entend pas l’appel du 18 juin prononcé par le général de Gaulle. Mais le 22 juin, il entend celui du premier ministre britannique, Winston Churchill qui s’exprimant en français appelle les Français à poursuivre les combats en rejoignant les armées britanniques. Apercevant un motard allemand dans les rues d’Airvault, il prend la résolution de rejoindre l’Angleterre qui est à ce moment-là le seul pays à poursuivre la guerre contre l’Allemagne. Il quitte Poitiers à vélo pour se rendre à La Rochelle, où il embarque sur un thonier polonais qui l’emmène à Cardiff.
Ne parlant pas l’anglais, et jugé suspect par les autorités britanniques car n’ayant pas de papier d’identité sur lui, il est emprisonné pendant huit jours avant d’être conduit à Londres parmi les soldats français du général Béthouart, réfugiés en Angleterre après avoir pris Narvik en Norvège. Là il rencontre et découvre le général de Gaulle. La rencontre est déterminante et il se rallie alors au chef de la France libre. Âgé de 17 ans seulement, il ment sur son âge pour pouvoir intégrer l’infanterie des Forces françaises libres. Il fait partie des premiers incorporés des Forces françaises libres qui en juillet 1940 ne comptaient que 2 900 hommes. Le 14 juillet 1940, il défile à Londres. Avec d’autres Français libres, il suit un entraînement au maniement des armes dans un camp canadien situé à proximité de la capitale anglaise. Il poursuit son instruction militaire en défendant l’Angleterre contre les parachutistes allemands. Habile en mécanique, il devient instructeur motocycliste.
L’Angleterre n’étant plus menacée d’être envahie, Henri Ecochard intègre la 1re division française libre et est envoyé en avril 1941 à Brazzaville au Congo pour y former des troupes coloniales. Puis il est envoyé en Syrie, où des troupes françaises au côté des Britanniques affrontent d’autres troupes françaises restées fidèles au régime de Vichy. Mais en raison des quatre longs mois de la traversée, Henri Ecochard n’arrive qu’à l’ultime fin de la campagne de Syrie. À Damas, il est affecté comme brigadier dans un régiment d’automitrailleuses des spahis marocains et rejoint l’Égypte. À ce poste, il affronte le corps expéditionnaire allemand en Afrique commandé par le général Rommel en participant successivement début 1942 à la bataille de Bir Hakeim en Libye, à la bataille d’El-Alamein, puis à la campagne de Tunisie sous les ordres du général Leclerc. Il effectue des raids sur les arrières de l’Afrikakorps afin de détruire leurs camions de ravitaillement.
En 1944, il intègre le 1er régiment d’artillerie comme officier observateur et apprend à piloter des avions de reconnaissance. Il suit son régiment d’artillerie lors de la campagne d’Italie. Il prend part au débarquement des alliés en Provence, à la libération de Toulon, Marseille et Lyon. Après un passage à Airvault pour saluer sa famille qu’il n’avait pas revue depuis juin 1940, il termine la guerre en combattant en Alsace et dans les Vosges. Il est démobilisé le 30 juin 1945. Lorsqu’il se retrouve à la retraite, il commence à écrire une liste recensant ceux qui ont participé dans les Forces françaises libres. Ce très large recensement contenant 53 079 noms dans sa 40e version, est devenu au fil du temps une référence chez les historiens qui la désignent du nom de son auteur : « liste Ecochard ».

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